La Cale 2 l'Île
La Cale 2 l'Île

N. BISHOP, un canoë construit

à La Cale 2 L'île

Il a été baptisé N. BISHOP, mais avant laissez-moi vous raconter ... comment il a été fait.

Suite de l'aventure de ma construction ...

Un conte de fée pour les petits et ... les grands

                             ...        En hommage aux bâtisseurs

Ils ont fini par me construire ! Et en plus je flotte ! M’avez- vous-vu aux fêtes de l’Erdre ? heureux comme un poisson dans l’eau, fier comme un paon m’a-t-on dit !

 

Il est vrai que l’auteur de ces lignes a toujours avancé au pas de l’âne de son Cotentin natal, en bonne  compagnie tout de même : Joe Dassin, Samuel Beckett. Vous connaissez la chanson du premier : «  il est long, il est loin ton chemin papa » et  les fameuses paroles du second : « Try again, fail again, fail better » ?   

 

Ils ont dû s’y reprendre en trois fois pour mener à bien cette opération dont le but était de me construire avec ma coque en papier, pour me faire naviguer, naturellement mais encore plus important en impliquant dans ce projet pédagogique des enfants d’âge scolaire, des adolescents-migrants arrivés à Nantes, des adultes ayant des problèmes avec leur santé, avec eux-mêmes ou la société participant habituellement activement aux activités de notre chantier naval guidés par les « anciens » de la Cale 2 l’Île. Cette collaboration a porté ses fruits. Merci à tous les bâtisseurs.

 

Première tentative : "Essaie toujours."

Allez sur le site de la Cale 2 l’Île voir l’article paru en son temps : «  un projet pédagogique, construire un canoë en papier » pour retrouver  cette merveilleuse période de l’enfance de la première coque en papier. Ce fût une période faste sur le plan de la participation des enfants dans l’opération de collage du papier sur une coque de canoë en bois mais elle devait se terminer en drame sur le plan technique parce que l’auteur a confondu vitesse et précipitation en voulant trop vite extraire de son moule la coque en papier encore un peu humide. Si seulement Louis avait suivi le pas de son âne du Cotentin ! Ce canoë en bois a été construit il y a plus de 70 ans aux chantiers Kirié aux Sables-d’Olonne et depuis restauré par Salif sous la conduite de Daniel. Cet adolescent est arrivé chez nous après un périple de plusieurs milliers de kilomètres en Afrique. Tout de suite, il s’est impliqué dans son travail. Il va sous peu passer un bac pro en soudure. Merci Salif pour la leçon de vie que tu nous donnes.

 

Deuxième tentative : "Encore échouée."

Tirant les leçons de la première expérience et sur mon conseil, ils m’accordèrent  une longue période pour que le papier collé par les enfants sur le canoë Kirié en bois devienne bien sec. Après les vacances d’été, j’ai donné le feu vert pour démouler la coque devenue aussi dure que du béton mais dites-moi comment sortir une coque en béton moulée sur une coque en bois convexe dans tous les sens ? Ils ont dû scier mon étrave pour pouvoir extraire cette fameuse coque en papier-béton : "Observer, refléchir, agir " Où se trouve le maillon faible ?

Un problème beaucoup plus sérieux est alors apparu. Ils avaient collé les trois premières couches de papier (couches internes) à l’époxy pour en assurer en même temps l’étanchéité et les cinq couches externes à la colle Quelyd simple.

 

Qui pourra me dire pourquoi l’interface entre la dernière couche époxy et la première Quelyd n’a pas adhéré ?

S’agit-t-il simplement de bulles d’air ?

 

Troisième tentative : "Essaie encore ...

                          ... Essaie encore, échoue mieux."

Nouveauté, Louis a décidé  de  commencer par bâtir la structure de ma coque  en bois sur laquelle serait collé le papier.

Première étape

Construction de l’ossature de la coque : Pour faire l’épure, le canoë en bois a servi de gabarit mais ses extrémités convexes et ses bords rentrants ont été modifiés et évasés. Patrick venant d’arriver à l’association fût l’homme de la situation. Tout jeune il avait appris la menuiserie et la charpente mais c’est à l’âge de la retraite qu’il a mis en pratique son savoir avec un très bon résultat. Rapidement les gabarits des membrures se sont trouvés fixés sur un chevron longitudinal médian.

Les six membrures ont pu être cintrées autour, la quille qui allait devenir la carlingue plus tard et les longerons supérieurs interne et externe le long des bords libres furent collés ensemble. Morgane et les membres de la Chicotière ainsi que les volontaires d’Unis-Cités sont alors intervenus pour poser sur cette charpente un réseau de lattes longitudinales en bois de pin qui subirent une opération de lissage pour recevoir le papier. OK ! Non ! Ils n’ont pas oublié de passer une couche de peinture. Toute coque en bois doit être peinte…

 

Deuxième étape

Des bandes de papier découpées à l’école d’imprimerie dans les journaux Ouest- France et Presse Océan furent collées  avec de la colle Sader (achetée  à prix coûtant grâce à Yves) directement sur le bois suivant les conseils de Soilih Ali Andrantseheno qui venait d’arriver de ses Comores indépendantes ou il avait appris le métier de charpentier de marine et construit aussi des toits en papier. Mais que faisait-il à la Cale ? Ali a suivi les cours d’architecture navale à Nantes et a ainsi validé un master 2 et j’ai plaisir à signaler son  engagement auprès des jeunes.

 

Ma charpente en bois a  finalement disparu tranquillement sous une enveloppe constituée de neuf couches de papier. C’est alors qu’un nouvel adhérent est arrivé à la Cale. Il devait avoir quelques connaissances en diététique car il a trouvé la bonne dose de son et le pas de l’âne s’en est trouvé allongé et accéléré. Vous connaissez beaucoup de gens qui, en activité de loisirs  peuvent  les yeux fermés construire une planche à voile, un canoë en bois, un kayak en résine et qui en plus promènent toujours avec eux une impressionnante quantité de serre-joints ou de rouleaux de papier adhésif. 

Voilà, Alain, l’homme de la situation car les grandes fêtes de l’Erdre 1976 approchaient. Toutes les opérations qui ont suivi ont nécessité du temps mais grâce à son esprit méthodique et à son art,  tous les problèmes furent résolus dans les temps. Ils ont  fini le collage du papier en utilisant même du papier mâché. Merci Paul, Jérôme et Sonia de l’association « la Rabotière » guidés par Michel pour votre participation. Ma coque bien sèche fut lissée, la quille et deux quilles d’échouage mises en place collées et vissées ainsi que les longerons supérieurs, externe et interne et ses deux extrémités closes et remplies de bouteilles de plastique vides utilisées comme réserve d’air.

Première sortie

Prêt pour la première sortie ! Oui, Monsieur. Sur l’Erdre ?  Non ! Pourquoi non ?

Par un très bel après-midi  de mai, nous avons pris rendez-vous avec les enfants de l’école de la Crémetterie qui ne sont  naturellement plus en maternelle mais en cours élémentaire mais  se souviennent bien d’avoir inauguré l’atelier collage du papier sur la première coque. Les questions fusent et Alain est  très à l’aise pour satisfaire la curiosité des enfants qui écrivent leur prénom sur la coque pendant qu’un autre Alain, notre ancien président, filme la scène. Allez la voir sur notre site le film.

Mais pourquoi pas une sortie sur l’eau? Les enfants de la Crémetterie vous donnent la réponse : Vous pouvez construire une coque en papier, en laine, en lin mais le matériau doit être imperméabilisé sinon…

Imperméabilisation de ma coque

Une fine couche de fibre de verre imbibée d’époxy devait me rendre étanche mais un représentant est venu vanter les qualités de son vernis acrylique qu’il offrait à titre gracieux pour expérimentation. Quatre couches de ce make-up furent étalées. Avant de devenir transparent, le vernis prenait  un aspect laiteux qui n’annonçait rien de bon mais cette texture a rapidement disparu. Le papier journal et les noms des enfants sont bien visibles sur ma coque.

N’oubliez pas d’imperméabiliser également l’intérieur de la coque en papier, sinon…

Vérification de la qualité de l'étanchéité

8 juin 2016. Mon premier bain. Enfin je vais goûter l’eau. Et dans la piscine d’Alain ! J’ai toujours admiré la confiance de cet expert sans être forcément complètement rassuré.

Qui mieux que Daniel pouvait faire le voyage inaugural ? « Vous souvenez-vous de l’adolescent qui avait remplacé la coque de son canoë » en toile déchirée par une en papier ? Alain, Salif, Olivier, Roger ont tenté le voyage et même Louis qui rêvait déjà aux lointaines îles paradisiaques où le muscadet coule à flots servi par de splendides sirènes.

 

Dernières opérations à La Cale 2 L'île

Dernier test d'étanchéité

22 août 2016 : Nous sommes à un mois des « rendez-vous de l’Erdre » et Alain nous emmène à Port Barbe. Samuel, Rémy, Olivier et  le vieux Louis à moitié rassuré comme toujours. Je me suis admirablement bien comporté, l’eau est vraiment mon élément. J’ai admiré la maestria de Samuel qui vient d’arriver de son Cameroun natal où il  accompagnait son grand-père à la pêche   et… les crocodiles sur le fleuve Wouri. Rémy et Olivier m’ont paru tout à fait à l’aise également. J’ai aussi admiré la beauté du canoë en bois entièrement restauré d’Alain : plus de 3000 clous en laiton qu’il a utilisés.

Les fêtes de l'Erdre

25-28 août 2016. J’ai fait de mon mieux et mon arrivée à l’île de Versailles rythmée par les battements des guitares-pagaies sorties de l’imagination d’Alain n’est pas passée inaperçue. Nous sommes partis le matin de Sucé et avons pris le vieux Louis en cours de route à Port-Barbe. Samuel et Olivier ont établi avec le canoë d’Alain un record de descente de la rivière qui mériterait d’être inscrit dans le Guiness book. A la confluence du Cens et de l’Erdre, nous avons rencontré un équipage qui venait d’Oxford et un autre, féminin celui là, de Venise et  j’avoue avoir passé un bon moment en leur compagnie. Alain s’est même senti vénitien : « Gondolier, tu chantais la barcarolle…. »

Conclusion

L’heure du conte se termine. Je vous laisse écouter une dernière fois la voix chaude de Régine, les belles paroles de Gainsbourg, le doux froissement des petits papiers   virevoltant autour de  notre canoë.

 

Ce projet nous a fait découvrir un nouveau matériau qui a eu son heure de gloire au XIX ° siècle, essentiellement aux Etats Unis. Il nous a fait rencontrer des hommes à l’esprit d’entreprise : Les membres de la famille Waters, des explorateurs à l’esprit aventureux tels que N. Bishop et  plus proches de nous, quelques années après la fin de la deuxième guerre mondiale des  jeunes gens passionnés comme Daniel animés par l’esprit «  Système D». Qui pourra nous dire les raisons du désintérêt pour ce matériau dès la fin du XIX° ?

 

Nous avons voulu faire de la construction de ce canoë une œuvre collective, fruit de la  collaboration entre les membres de La Cale 2 L’Île, les enfants venus dans le cadre de notre activité pédagogique et les adultes fréquentant notre chantier naval dans le cadre de leurs activités sociales. C’est la marque de notre association.

Maintenant nous devons penser à l’avenir du canoë : Sur l’eau, le faire naviguer, naturellement ! A La Cale de l’Île ou ailleurs, l’inscrire dans un circuit pédagogique. Toutes les idées sont les bienvenues. Adressez-les à Jean-Claude ou Emmanuel, responsables de l’activité pédagogique.

 

Un grand merci aux participants

- Les enfants de l’école maternelle de la Crémetterie et leur institutrice.

- L’association « La Main à la Pâte »

- et l’Ecole des Mines de Nantes.

- L’Association Séquoia, pôle scientifique de la ville de Nantes, qui nous a adressé un grand nombre d’élèves d’écoles primaires  parmi les 400 colleurs de papier.

- Mme Epaillard de l’Ecole des métiers de l’Imprimerie ;

- Les membres de l’association «la  Rabotière » et ceux de « la Chicotière » emmenés par leurs éducatrices spécialisées Morgane et Ghislaine ;

-les jeunes d'« Unis-Cités », dans le cadre de leur le service civil volontaire, ou effectuant  «un travail d’intérêt général ».

- Un grand merci à tous ceux qui ayant franchi le seuil du Hangar 31 se sont investis dans cette réalisation menée à bien avec le soutien des « caleux » de notre association.

 

Tout projet a un coût : 150 euro payés par notre grand argentier Eric, de bonne grâce je dois le souligner. Cette dépense à été limitée grâce aux mécènes : Yves N…qui nous a fourni la colle Sader à prix coûtant, L’établissement Guillot qui nous a fourni le pin d’Orégon transformé en quille et longerons et Grégory N… des établissements Haghebaert et Fremaux pour le vernis.

Fiche technique :

Longueur : 4,40 m

Largeur : 0,90 m

Creux : 0,37 m

9 couches de papier journal

Louis

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